L’incendie majeur survenu sur les sites de Lubrizol et de Normandie Logistique constitue un événement exceptionnel. Il a mis en défaut les dispositifs industriels et publics de prévention et de précaution, et généré des pollutions inédites liées à la combustion de nombreux produits chimiques, susceptibles d’entraîner des effets « cocktails » encore peu documentés. Un accident d’une telle complexité appelle une approche pluridisciplinaire afin d’identifier l’ensemble des phénomènes en jeu.

Consciente de cet enjeu et souhaitant exercer pleinement sa responsabilité sociétale, l’URN a développé le projet COP HERL. Celui-ci a mobilisé des chercheurs issus d’une quinzaine de laboratoires, réunissant chimistes, spécialistes de la santé, experts de la combustion, des milieux naturels et des comportements humains. D’une durée de trois ans (2020-2023) et doté d’un budget de 1,3 million d’euros, le projet a bénéficié du soutien financier de la Région Normandie, du Fonds Européen de Développement Régional (FEDER), de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) et de la Métropole Rouen Normandie.

L’originalité du projet COP HERL réside dans la mise en synergie de ces disciplines autour d’objectifs communs : caractériser l’incendie et ses conséquences potentielles sur l’environnement et la santé humaine ; analyser la perception des risques et la gestion de la crise ; et, in fine, évaluer la résilience du territoire face au risque industriel.

Groupe de Travail 1

Caractérisation de l’incendie

Ce groupe de travail, composé de membres des laboratoires COBRA, CORIA, GPM et SMS, poursuivait un triple objectif : simuler la dispersion et le rabattement des particules présentes dans le panache de fumée ; analyser, de manière non ciblée, les contaminants présents dans les suies générées lors de l’accident ; et étudier, à l’aide de méthodes multi-résidus, la fraction gazeuse émise et collectée pendant l’incendie.

Coordinatrice :

Béatrice Patte-Rouland (UMR 6614 CORIA)

Mots-clefs : produits marqueurs de l’incendie ; modélisation du panache

Groupe de Travail 2

Contamination des matrices environnementales

Ce groupe de travail, composé de membres des laboratoires COBRA, ECODIV, M2C et SMS, a proposé l’installation de stations de mesure ainsi que de points de prélèvement et de carottage afin de caractériser l’impact de la contamination induite par l’accident. L’objectif était de distinguer cette contamination du bruit de fond géochimique urbain de la métropole, entendu comme la contamination chronique des matrices environnementales (eaux, sols) observée sur le temps long.

Coordinatrice/teur :

Florence Koltalo (UMR 6014 COBRA)
et Matthieu Fournier (UMR 6143 M2C)

Mots-clefs : cartographie de l’exposition ; flux d’export et temps de séjour

Groupe de Travail 3

Santé et toxicité des produits de l’incendie

Ce groupe de travail, composé de membres des laboratoires GQG et LMSM, visait à mesurer la toxicité des contaminants auxquels la population a été exposée lors de l’incendie et à en évaluer les effets sanitaires potentiels.

Coordinatrice/teur :

Christelle Monteil (EA ABTE)
et Jean-François Gehanno (CHU)

Mots-clefs : toxicité respiratoire des fumées ; imprégnation des populations

Groupe de Travail 2

Perceptions sociales de l’incendie et capacités de résilience des systèmes sociaux impactés

Ce groupe de travail, composé de membres des laboratoires CIRNEF, CRFDP, DUMG, IDEES,  NIMEC, LERN,  CUREJ, DYSOLAB et LASTA, avait pour objectif d’analyser, d’une part, la perception de l’accident, l’information diffusée, la communication institutionnelle, les réactions et les conséquences sociales associées et, d’autre part, d’étudier les réponses d’acteurs locaux en situation de responsabilité, notamment des enseignants, des chefs d’établissement du secondaire et des médecins généralistes.

Coordinateurs :

Arnaud Brennetot (UMR IDEES)
et Jean-Michel Coq (EA CRFDP)

Mots-clefs : temps court de la crise ; résilience du territoire ; stratégies d’adaptation

Dans le cadre de la phase 1 (novembre 2020 – décembre 2021) du projet, l’accent fut mis sur l’urgence : i) d’identifier des marqueurs spécifiques de l’incendie, susceptibles d’être suivis dans les milieux environnementaux (sols et eaux) ainsi que dans certaines matrices biologiques ; ii) de diagnostiquer les réactions des populations pendant la période de crise.

La phase 2 (janvier 2022 – décembre 2023) accorda, quant à elle, une attention particulière : i) à la reproduction en laboratoire de l’incendie du 26 septembre 2019 afin de confirmer la présence des marqueurs identifiés en phase 1 et leur lien avec l’événement ; ii) au suivi de l’imprégnation des milieux par les contaminants marqueurs confirmés ; iii) au suivi de l’exposition des populations ; iv) à la poursuite des enquêtes sur les conséquences humaines et sociales de l’accident dans le temps long de l’après-crise.

Les résultats des deux phases sont disponibles au téléchargement ci-contre.